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22.11.21

IDOL Insights : meet B3SCI

Chaque mois, IDOL interviewe un label de son catalogue. Le label du mois est basé à Los Angeles : B3SCI Records. Présentation du cofondateur, Mike Clemenza, et de son parcours depuis la création du blog blahblahblahscience.

Pour B3SCI, l’aventure a débuté en 2009 sous la forme du blog musical blahblahblahscience. Quelques années plus tard, les cofondateurs Mike Clemenza et Troy Meyer ont décidé de transformer l’essai en montant un label. Avec B3SCI Records, ils ont participé dès 2013 aux premiers succès d’artistes comme Jungle, Yoke Lore, Aquilo, et Moses Sumney, pour n’en citer que quelques-uns. Mike Clemenza raconte son parcours et ses aspirations.

Qu'est-ce qui vous a décidé à monter un label ?

En 2013, la scène des blogs musicaux était plus axée sur la quantité que sur la qualité, ce qui n’était pas exactement notre but. Parce que ce qui nous a plu dans l’aventure blahblahblahscience, c’est que nous pouvions tisser des liens avec les artistes. En apprenant à les connaître, nous avons remarqué que certains avaient un réel potentiel de développement. Nous nous sommes alors dit qu’avec notre passé de musiciens, mais aussi notre expérience professionnelle (en radio, en labels, en édition ou en management) nous pourrions monter un label, et développer certains de ces talents.

Vous avez un catalogue très international, comment gérez-vous l'A&R à distance ?

Nous n’avons pas de préférence en termes de style de musique. Troy et moi avons grandi dans le Midwest, et nous étions les seuls à école à aimer la Britpop. Ce n’était pas une démarche consciente, mais nous avons toujours couvert la musique de partout dans le monde. C’est simple : si les chansons sont vraiment géniales, et que nous nous voyons encore les écouter dans 15 ans, alors nous sommes partants.

Maintenant, lorsqu’il s’agit d’évaluer des signatures internationales, nous devons également avoir confiance dans la vision et les objectifs de l’artiste, dans l’équipe qui l’entoure, dans le contrat… En résumé, il faut a minima que tout le monde s’entende. Nous devons nous sentir prêts à soutenir l’artiste à 110 %.

Ca fait partie du rôle d’une maison de disques : il faut signer de nouveaux artistes et avancer en évaluant les risques. Cependant, si les étoiles ne sont pas alignées, nous ne signerons rien même si nous aimons la musique. C’est peut-être dommage, mais parfois aussi très nécessaire.

En ce qui concerne le travail quotidien sur les sorties internationales, il faut compter bien évidemment sur les matins tôt et les nuits tardives. Ensuite, certains artistes auront besoin de plus de soutien que d’autres. Par exemple, les équipes peuvent penser que la campagne est prête à être lancée, mais souvent, il reste encore du travail à fournir. Chaque projet est toujours très sportif, et c’est à nous de choisir les bonnes équipes, qui seront prêtes à travailler ensemble, avec une bonne compréhension des enjeux, et le même workflow, pour qu’en fin de compte une sortie puisse réaliser tout son potentiel.

Comment gérez-vous le label au quotidien ? Vous reposez-vous sur votre expertise ou externalisez-vous les compétences ?

Troy Meyer et moi avons appris au fil des années à être très sélectifs dans le choix des titres que nous signons et dans la manière de les diffuser. L’industrie de la musique est en constante évolution, et rapide, avec ça ! Il est donc essentiel de se tenir au courant des bonnes pratiques du moment. Nous avons des compétences en marketing et nous avons aussi développé notre propre réseau de synchronisation, de radio, de presse, de distribution, etc. et donc tout ce qui reçoit notre signature se doit d’être à la hauteur.

En ce qui concerne l’externalisation des équipes, chaque projet est différent et il n’y a pas de solution universelle. Il est parfois judicieux d’engager une aide supplémentaire et des spécialistes dès le départ, mais pas toujours. Parfois, les choses changent du tout au tout, et il faut être en mesure d’adapter la stratégie. Un bon label a suffisamment d’expérience et de connaissances pour savoir non seulement quelles sont les bonnes équipes à engager, mais aussi comment gérer ces équipes externes, les informations clés, les relations et les processus afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles en termes de budget, de calendrier, et de retours attendus, etc.

Pensez-vous qu'il y a une force dans l'indépendance ?

L’indépendance est essentielle. La plupart des grands artistes, des labels, des marques… en fait tout ce qui existe, a commencé en mode bricolage. Et c’est justement cette indépendance qui leur a permis d’obtenir cette identité unique dont les gens raffolent. En tant que label, être indépendant signifie être en première ligne de l’industrie musicale, sans contrainte, ce qui permet de se concentrer entièrement sur ses sorties, avec tous les risques et les bénéfices que ça implique.

Les entreprises indépendantes doivent faire face à de nombreuses difficultés et, à mon avis, c’est aussi ce qui fait la force de l’indépendance. Il est rare que l’on puisse sauter cette étape sans perdre quelque chose en cours de route. Pour les maisons de disques, un partenaire comme IDOL peut les aider à embrasser cette véritable indépendance, car ça fait partie intégrante de l’ADN de la société !

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