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02.04.25

Job of the month #21 : Gestionnaire RH & administrative

Nouvel épisode de notre série Job of the Month pour découvrir les multiples facettes de l’industrie de la musique. Ce mois-ci, Miriem Chibikh, gestionnaire RH et administrative chez IDOL.

Chaque mois, IDOL présente un métier de l’industrie de la musique. Ou plus qu’un métier, une personne ! Car derrière un même intitulé de poste, on retrouve des différences significatives d’une structure à une autre. Chacun peut définir, selon son parcours professionnel, ses qualités et compétences le périmètre de son poste ! Rencontre avec Miriem Chibikh, qui raconte son quotidien à accompagner les employés IDOL, tout au long de leur parcours dans l’entreprise, de l’onboarding à l’offboarding.

Que fait une Gestionnaire RH et administrative ?

Je suis le premier point de contact pour les employés et les partenaires externes. Mon rôle couvre plusieurs aspects des ressources humaines et à l’administration, notamment le suivi des contrats, le suivi des dossiers administratifs, les relations avec les organismes extérieurs que ce soit la médecine du travail, le lien avec la mutuelle ou les demandes d’aides auprès de l’Afdas, pour la prise en charge des alternants ou les formations Responsabilité sociale des entreprises.

Mon travail est essentiel pour assurer la fluidité des processus internes et la conformité aux obligations légales, tout en facilitant la vie des salariés au quotidien. Par exemple, si un salarié a une question sur son contrat, c’est vers moi qu’il se tourne en premier. Ce qui n’est pas évident parce que d’une je n’ai pas été formée sur ce sujet et que le code du travail change énormément ! Mais je filtre et oriente les demandes en fonction des besoins, que ce soit pour une simple information ou pour une intervention plus spécifique.

Je m’occupe également du suivi des paies en rassemblant les éléments variables (tickets restaurant, remboursement des transports ou mobilité douce, congés, arrêts maladie, etc.), que j’envoie ensuite au cabinet comptable pour l’édition des fiches de paie, que je vais ensuite valider.

En parallèle, je suis aussi impliquée dans la gestion des obligations légales, comme la mise à jour du règlement intérieur et l’identification des risques professionnels en collaboration avec Christophe, qui est notre délégué du personnel ou représentant CSE (Comité Social et Économique). Les récentes formations en sécurité incendie et premier secours citoyens réalisées en interne avec la protection civile m’ont aidée à mieux anticiper certains risques.

Quel a été ton parcours professionnel ?

Je voulais faire une fac de cinéma mais il n’y en avait pas beaucoup à l’époque, donc je me suis retrouvée par défaut en fac d’anglais. Ce que je voulais vraiment, c’était réaliser des clips vidéo. Le déclic, je l’ai eu en voyant Blur jouer en live à la télé, dans Nulle Part Ailleurs sur Canal+. C’était un choc !

Tout au long de mon parcours, j’ai appris sur le tas. Après des missions d’hôtesse d’accueil, je me suis tournée vers une agence d’intérim qui proposait des formations d’assistanat. Mon premier vrai pied à l’étrier, c’était chez Petit Bateau, où j’ai été assistante RH. Là, j’ai découvert la gestion juridique et administrative, un univers qui, sans me passionner, m’a énormément appris.

J’ai ensuite travaillé chez Ubisoft, pour un poste d’assistante plus orienté vers le commercial et la communication. Petit à petit, j’ai construit un réseau, et c’est comme ça que j’ai eu l’opportunité de bosser au magazine magic.rpm, en tant que Responsable Pub et Partenariats.

J’avais une culture musicale qui correspondait à la ligne éditoriale, surtout qu’à l’époque le rédacteur en chef était Christophe Basterra, grand fan de britpop. C’était une période incroyable, j’y suis restée huit ans. Mais la presse écrite était déjà en difficulté, et j’ai rapidement compris que je devais anticiper la suite.

J’ai alors rejoint le magazine VICE. J’ai tout appris là-bas, y compris la comptabilité. J’ai préféré partir, car la culture d’entreprise ne correspondait plus à mes valeurs. Après ça, pour la première fois de ma carrière, j’ai décidé de prendre du recul. J’ai travaillé quelques mois chez DailyMotion, et ça m’a confortée dans l’idée que je me sentais mieux dans des structures indépendantes. Finalement, je suis revenue à mon premier amour : la musique. J’ai décroché un poste dans une structure qui me correspond parfaitement, et j’en suis vraiment ravie.

Pourquoi as-tu choisi de travailler pour IDOL ?

J’avais entendu beaucoup de bien d’IDOL, et le catalogue est intéressant. Et ce qui me plaisait aussi, c’était cette image de David contre Goliath, qui permet de proposer une alternative aux grosses machines de l’industrie. Ça m’a rappelé l’époque magic.rpm, le petit magazine indépendant qui se bat pour sortir un numéro tous les mois. C’est hyper stimulant de pouvoir apporter sa pierre à l’édifice, de participer à quelque chose qui a du sens.

L’indépendance, c’était essentiel pour moi. J’avais besoin de retrouver confiance dans mes collègues, de travailler avec des gens qui partagent les mêmes valeurs. Et j’ai bien choisi !

Et puis, c’est drôle, parce que je recroise plein de gens que j’avais connus avant. Aujourd’hui, même si j’ai moins l’occasion d’aller en festival ou en concert, je reste immergée dans la musique, toujours à l’affût des nouveautés grâce à mes collègues.

Quelles sont les qualités requises pour ton poste ?

Dans ce job, la rigueur est importante, mais la discrétion l’est tout autant. Il faut avoir un relationnel facile, et avoir beaucoup de patience, parce que, honnêtement, certaines questions reviennent en boucle. J’essaie de n’être ni passive-agressive, ni de materner…

Il y a aussi une partie office management dans mon poste, ce qui signifie que je dois gérer les stocks et m’assurer que l’hygiène des bureaux est respectée. Heureusement ici, tout le monde y met du sien, et est prêt à aider. Y compris Pascal Bittard, le président, qui va souvent montrer l’exemple.

Et comme je suis en charge du matériel bureautique, je m’occupe aussi de santé au travail. Parce qu’une bonne posture évite des douleurs chroniques au dos par exemple, et ça passe par de bons fauteuils par exemple. On n’y pense pas toujours, mais ça finit par peser.

Comment se déroule une journée type pour toi ?

C’est plein de surprises ! Plus honnêtement, ça dépend vraiment de la période du mois. Quand j’arrive à la finalisation des paies, je ne fais que ça. Sauf urgence, bien sûr.

Sinon, mes journées peuvent être très variées. Un matin, par exemple, je vais aller chercher un ordinateur, puis me retrouver à chercher partout un chargeur qui fonctionne… Dernièrement, je me suis rendu compte que j’ai commandé des câbles qui ne sont pas adaptés, donc je me suis déplacée en boutique pour être certaine que les câbles étaient les bons.

Et puis quand vient la saison des festivals, je passe pas mal de temps sur les cartes bleues pour régler les déplacements. Car c’est moi qui m’occupe de créer les cartes virtuelles et une fois validées par la DAF, d’autoriser les paiements. Donc pour les IDOL sessions, je vais valider toutes les commandes de matériel son, lumière, d’instrument…

Qu'est-ce que tu aimes dans ton travail ?

Ce que j’aime le plus, c’est le contact humain, l’idée d’accompagner les autres. Très souvent, je me retrouve à aider des collègues sur des questions administratives, contractuelles ou fiscales. Beaucoup ne sont pas à l’aise avec ces sujets, et j’aime pouvoir leur apporter des réponses, leur expliquer comment ça fonctionne. Pour moi, c’est une forme de transmission, un partage d’expérience.

J’apprécie aussi le côté polyvalent de mon métier : je touche à tout, ce qui me permet d’apprendre en permanence. Et puis, je trouve important de dépoussiérer l’image du service administratif et comptable : trop souvent, on l’imagine comme un service un peu vieillot. J’aime montrer qu’on ne passe pas nos journées à remplir des formulaires, mais que notre métier c’est du relationnel, du soutien et beaucoup de dynamisme.

Quelle est la tâche la plus étrange que tu as pu faire en tant que Gestionnaire RH et administrative ?

Quand j’étais chez Magic, j’ai participé en tant que DJ à une battle des médias au Paris Paris. En fait, j’ai jamais joué d’un instrument, mais je me suis retrouvée, à force de traîner dans le milieu, à mixer. La première fois, c’était un peu par hasard, lors d’une soirée où j’ai sans trop réfléchir, pris les commandes de la musique. De là, un pote m’a proposé de mixer la semaine suivante à La Féline, un bar très rock garage. Rapidement, tout s’est enchaîné et j’ai intégré un roster avec des dates régulières.

Ça fonctionne beaucoup par le bouche-à-oreille, au fil des rencontres. Tu mixes dans une salle que tu aimes comme le Pop In, le Truskel ou le Motel et tu croises des gens du milieu, et ça t’ouvre d’autres opportunités. J’ai fini par avoir des résidences au Divan du Monde, à la Felicita… Comme je travaillais chez Magic, j’avais accès aux nouveautés, donc j’ai joué dans plein d’endroits : clubs, bars, soirées privées, anniversaires, mariages… Je me suis même retrouvée à mixer dans une soirée événement après un défilé de Vanessa Bruno !

En club, tu peux être plus libre, expérimenter, alors que pour des événements comme des mariages, il faut capter ce que les gens attendent. Parfois, il ne faut pas hésiter à aller sur des sons très fédérateurs. Une fois on m’a dit : « Pour un mariage, il y a deux choses qui comptent vraiment : la bouffe et la musique. » Ce qui met énormément de pression !

Mais au final, ce qui me motive reste le même : faire plaisir aux gens, créer un moment où ils lâchent prise et où la musique les embarque. J’adore observer les réactions des gens. J’aime tester des morceaux, voir ce qui accroche, comprendre ce qui fonctionne à un instant T. Je me donne souvent des petits challenges : quand je repère quelqu’un qui ne danse pas, je vais tout faire pour réussir à le faire bouger.

La Playlist de Miriem

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